René Jacques LEVY

(07.07.1875 – 15.04.1912)

René Jacques LEVY et ses filles. http://aftitanic.free.fr/titanic/passagers/levy_rj_et_filles_h.jpg

René Jacques LEVY et ses filles.
http://aftitanic.free.fr/titanic/passagers/levy_rj_et_filles_h.jpg

René Jacques LEVY est né à Nancy, le 7 juillet 1875 de parents Alsaciens. Après des études à l’Institut de Chimie de Nancy, il se lance dans une carrière industrielle. En 1897 il part à Manchester (EN) et travaille cinq années durant dans des laboratoires de recherche, puis il revient à Paris. Le 23 juillet 1903, il épouse Jeanne ROYER (1882 – 1955) dans le Ixe arrondissement de Paris. Ensemble, ils auront trois filles : Andrée, Yvette et Simone. En 1910, le couple émigre au Canada, à Montréal.

C’est pour assister à un enterrement que René Jacques LEVY revient en Europe. Suite à un changement d’emploi du temps, il décide d’avancer son voyage retour de 10 jours et prend un billet pour le Titanic. Il embarque à Cherbourg le 10 avril 1912 parmi les deuxièmes classes. Il partage sa cabine avec Jean-Noël MALACHARD (cinématographe originaire du RHONE) ainsi qu’un autre monsieur dont l’identité est encore aujourd’hui inconnue.

Lors de la traversée, il se prend d’amitié pour son colocataire de chambrée, Jean Noël MALACHARD, ainsi que pour ses voisines de la cabine d’en face, Marie JERWAN et Mrs BALLS. Madame Marie JERWAN (née THUILLARD) est une jeune femme américaine d’origine Suisse. En février 2013, sa famille diffusera une de ces lettres relatant en détail le voyage et le naufrage du Titanic dans le « Courrier du Val de Travers ». Elle raconte notamment les derniers instants de Messieurs LEVY et MALACHARD :

« La salle à manger était très vaste et bien garnie. Comme voisin de table, j’avais un français, Monsieur MALACHARD, qui venait à New-York pour affaires. Monsieur MALACHARD avait sa cabine vis-à-vis de la nôtre et l’occupait avec deux autres messieurs, dont un ingénieur français. […] Je me promenais à peu près une heure (sur le pont) et comme Monsieur MALACHARD y était aussi, nous discutâmes au sujet des religions, lui étant catholique. Nous étions tellement absorbés dans notre conversation que nous ne vîmes pas arriver l’ingénieur français. Drôle de coïncidence, il nous dit en regardant les canots de sauvetage qui étaient suspendus près de nous : – Je suis sûr que s’il fallait descendre ces canots à la mer, les cordes seraient trop courtes. Pour mon compte, s’il me fallait aller dans un de ces canots, je préférerai être englouti avec le navire -», Le courrier du Val de Travers, le 15 février 2013.

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, Madame JERWAN apporte un témoignage capital pour la postérité de Monsieur René Jacques LEVY, dans son courrier rédigé peu après les évenements, en mai 1912, et qui sera publié par la suite par le « Courrier du Val-de-Travers » le 20 février 1913. Peu après que le navire ait percuté l’iceberg, Madame Marie JERWAN relate : « Je redescendis dans ma cabine, et rencontrai Monsieur MALACHARD et ses amis qui ne croyait pas à un danger imminent. Quand je dis à l’ingénieur que nous coulions par l’avant, il se mit à rire prétendant que ce n’était qu’un effet de mon imagination, parce que le navire ne marchait plus. Je rentrai donc dans ma cabine et dis à Mrs Balls : – Levez-vous et habillez-vous, nous coulons – » et d’ajouter plus loin « Il y avait une si grande foule sur le pont qu’il était impossible de se retrouver […]. Un instant après je m’entends appeler, c’était Monsieur MALACHARD et ses amis. Il m’attacha ma ceinture de sauvetage et me prenant par le bras me dit : – Restons avec nous, nous prendrons soin de vous – J’étais si heureuse de ne plus être seule, car je me sentais sans courage. Cela me rendit un peu de moi-même. Nous étions alors sur le pont B. […] Les officiers criaient : – Les femmes et les enfants dans les canots, les hommes en arrière- Monsieur MALACHARD vint lui-même me mettre dans un bateau puis se retira. A l’heure qu’il est je me demande encore comment je m’en serais tirée sans son secours, car vraiment je n’étais pas moi-même et c’était vraiment le moment de prendre une décision car c’était l’avant dernier bateau qui se remplissait. J’admirais les hommes à ce moment. Ils se comportèrent comme de vrais héros et les officiers firent leur devoir […]».

Dans le courrier du Val de Travers publié le 22 février 2013, Marie JERWAN nous apprend le sort réservé à Monsieur MALACHARD et à Monsieur LEVY : « Puis on nous laissa glisser, Monsieur MALACHARD et ses amis me crièrent –Au revoir- et me firent signe de la main ; après quoi ils se dirigèrent vers un autre bateau. Ce fut hélas leur dernier adieu, et je ne les revis plus. Pauvres amis d’un jour, ils furent pour moi vraiment admirables, et je leur en serais éternellement reconnaissante. Dieu ne permit pas qu’ils fussent sauvés. »

Monsieur René Jacques LEVY est décédé à l’âge de 36 ans ce 15 avril 1912. Son corps ne fut jamais retrouvé.

Le 15 avril 2012, 100 ans après le naufrage, la Société Royale de Chimie Britannique (SRC) décorait à titre posthume le chimiste nancéen pour sa bravoure de « galant homme » lors de cette tragédie.

 

Notice de René Jacques LEVY :

Ticket n° SC/Paris 2163/ £ 12 17s. 6d.

Embarquement à Cherbourg, 2e classe

Corps non retrouvé.

 

Sources et bibliographies:

–          www.aftitanic.free.fr

–          www.encyclopedia-titanica.org

–          www.mediathequedelamer.com

–          www.titanic-superforum.fr

–          LE COURRIER DU VAL DE TRAVERS, JERWAN (Marie), « Récit d’un témoin oculaire, lettre de mai 1912 », 15, 20, 22, 25.02.1912. (TEMOIGNAGE). Ce témoignage est disponible sur le site internet: www.titanic-superforum.fr

–          EST REPUBLICAIN, GAUDIBERT (Benoît), « Le héros nancéen du Titanic », 21.02.2012

–         Reportage: Les Fantômes du Titanic, 2013 (disponible sur youtube).

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.